14 janvier 2016 :Deux mastodontes à Paris

Notre partenaire, le Musée des blindés sera présent début février 2017 au salon RETROMOBILE à Paris.

Voici l’article paru dans le Courrier de l’Ouest du 14 janvier 2016

Deux mastodontes à Paris

En 2017, ils fendront la cuirasse au salon Rétromobile début février et la foule sur les Champs-Élysées au défilé du 14 Juillet. Les blindés centenaires Schneider et Saint-Chamond feront parler de Saumur.

Deux chars au rendez-vous de l’Histoire ! Les opérations ont été lancées en 2015 en langage militaire. 2017 marque le centenaire de l’engagement des premiers blindés dans la Somme, durant la guerre 14-18. On est en avril 1917, sur le chemin des Dames. Ça tombe comme à Gravelotte et certains commencent à se dire qu’on pourrait s’y prendre autrement qu’en creusant des tranchées.

La souscription a marché du feu de dieu

Le char Schneider pointe le bout de son éperon trancheur de barbelés. Un canon de 75 léger fixé sur le côté. 8 servants (équipage) et 15 tonnes d’acier riveté à déplacer à tout juste 6 km/h en pointe en gavant d’essence un moulin de 70 cv. Le seul exemplaire survivant au monde se trouve à Saumur. Mais il est arrivé des États-Unis, pays du Sherman !

La seconde pièce unique au monde à témoigner de ces temps pionniers et barbares : le Saint-Chamond. Rien que le nom sent bon sa France. Le Creusot Loire en fait, vu qu’à l’époque, il n’était pas question d’utiliser le solide acier lorrain.

En allant vers la Lorraine, Berry-au-Bac, pour le côté champagne, aura vu s’ébrouer ces deux mastodontes pour la première fois il y aura bientôt 100 ans. Le Saint-Chamond pèse plus de 20 tonnes. Avec son canon de 75 lourd, il fait plus mal que l’autre. Sous la carapace, ils étaient six à suer. Le canon est dans l’axe de marche. C’est mieux, mais pas aussi pratique qu’un F17 Renault, le char léger de la Victoire dont la tourelle pivote.

Les Allemands, en face, adeptes du kolossal, ébauchaient alors d’énormes casemates aux roues plantées dans la boue comme une grosse Bertha. Le Moyen Âge technologique. Ils sauront s’inspirer du génie automobile français pour nous envoyer les Panzers en 1940.

« On avait la chance d’avoir des exemplaires de ces engins à Saumur » se réjouit le général Daniel Postec, président de l’association du musée des blindés. Un Schneider exposé et dont le moteur a été rendu roulant. Trois FT 17 dont deux qui roulent. Et le bon gros Saint-Chamond qui amassait de la mousse dans son coin mais sans rouler, pauvre pierre.

Le faire rouler et sortir de sa torpeur, voilà qui rendait hommage « aux combattants, aux ingénieurs… ». Bref, une histoire française d’un savoir-faire français. Ils se sont mis en tête de « les remettre en condition d’être présentés au public » pousuit le général Postec. Il fallait réunir 150 000 € pour retaper les deux bestiaux. 120 000 € pour le seul Saint-Chamond, gros gourmand.

Ce budget a été bouclé par souscription : un tiers de dons particuliers, un tiers d’institutionnels (Région, réserve parlementaire, un tiers des industriels de la Défense). À noter : la contribution symbolique du Saumurois et celle, remarquable, de la ville de Saint-Chamond. Les dons des particuliers sont à souligner, de 500 à 1 000 €. Ceux-là viennent du cœur et non des impôts !

De mars dernier, jusqu’à son retour le 3 janvier, le Saint-Chamond a pu repartir s’aérer les bronches dans sa région d’origine, du côté de Roanne. Le vieux moteur essence a viré au diesel. Il faisait tourner la génératrice électrique, laquelle alimentait deux moteurs électriques positionnés à l’arrière des énormes chenilles. Le carburant change mais le principe moteur est aussi préservé que la restauration est fidèle, en somme.

Laurent ZARINI
redac.saumur@courrier-ouest.com

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