Un des premiers Basques a utiliser la jeep…

Victor ITURRIA : un des premiers Basques a utiliser la jeep…

le 1er régiment de parachutistes d’Infanterie de Marine participera à l’organisation de la 3° édition du Rallye des Cimes – L’Historique,. Ce régiment est l’héritier de 1° compagnie de parachutistes de la France libre créée en septembre 1940 en Angleterre. Parmi les premiers volontaires se trouvait un basque nommé Victor ITURIA. Il fut un des premiers Basques a utiliser la jeep. C’est à bord de ce véhicule qu’il trouvera la mort dans une embuscade en 1944 dans les environs de Blain en Loire-Atlantique.

vi1Il est le parrain de la 300ème promotion de l’École Nationale des Sous-Officiers d’Active (ENSOA) de Saint-Maixent. Voici l’évocation de sa carrière telle qu’elle a été faite lors du baptême de la promotion en 2014.

« Le Sergent-chef  Victor ITURRIA  est né le 22 octobre 1914 à Bassussary dans les Pyrénées atlantiques. La famille Iturria s’installe ensuite dans les montagnes du pays basque, près de la frontière espagnole, à Sare. Lors de ses temps libres, il s’adonne à  sa passion, la pelote basque. Très doué à ce jeu ardent et doté d’une excellente condition physique, il deviendra un des meilleurs joueurs de pelotari dans toute la région. Il connaîtra aussi très tôt l’aventure et le risque des chemins de la contrebande pour améliorer le quotidien d’une famille de onze enfants. En 1935, il effectue son service militaire de deux ans au 20e régiment de dragons situé à Limoges. Les évènements internationaux s’enchaînent et l’Europe s’embrase dans un conflit mondial. La France déclare la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939. Victor Iturria est mobilisé comme tireur au canon de 25 mm dans une compagnie antichar sur la frontière franco-belge. Il se couvre de gloire en détruisant à lui seul sept chars ennemis dans la même journée. Pour ces faits, il sera cité à l’ordre de l’armée et obtiendra la croix de guerre 1939-1945 avec une palme. Blessé grièvement aux jambes, le 23 mai 1940 à Souchez, il est évacué sur un navire hôpital à Dunkerque pour être hospitalisé en Angleterre. Pendant ce temps, l’armée française ne parvient pas à contenir l’invasion allemande ;
c’est la défaite, la capitulation malgré l’appel du général de Gaule, le 18 juin 1940. À peine remis de ses blessures, il s’engage à la 1re compagnie de l’infanterie de l’air, commandée par le capitaine Bergé. Victor Iturria est un soldat modèle qui se fait remarquer par son calme et son efficacité dans tous les domaines. Ses qualités de pelotari font de lui un lanceur de grenades extraordinaire. Il est breveté parachutiste n° 407,
le 21 février 1941. En mai 1941, la 1re compagnie parachutiste achève sa formation et son entraînement intensif. Les hommes sont prêts et désirent être engagés avec la force alliée britannique sur tous les théâtres d’opérations. Le 21 juillet 1941, les « paras » du capitaine Bergé embarquent sur le Cameronian en direction du Moyen Orient. Les anglais livrent une dure bataille contre l’armée allemande de Rommel en Afrique du Nord. En septembre, la 1re compagnie de parachutistes prend alors l’appellation de peloton parachutiste du Levant. Victor Iturria est nommé caporal le 1er décembre 1941. Son unité s’installe à Kabrit, sur les rives du canal de Suez. Elle est aussitôt intégrée à la « Spécial Air Service » (SAS) britannique, commandée par le major Stirling. Les SAS français prennent le nom de French-squadron et débutent l’entrainement et les opérations franco-anglaises. Ils arborent maintenant avec fierté sur leur calot l’insigne des SAS avec la célèbre devise « WHO DARES WINS » (qui ose gagne). Nommé caporal-chef le 1er mai 1942, il se distingue plus particulièrement lors de l’attaque de l’aérodrome de Berka III, près de Benghazi en Libye. Le groupe commando est constitué de cinq SAS français aux ordres de l’aspirant Zirnheld. Les tirs précis des grenades lancées par Iturria permettent de neutraliser rapidement les sentinelles pour ensuite détruire successivement les aéronefs. L’aspirant Zirnheld, chef prestigieux et auteur de la célèbre prière du para, décèdera au combat quelques mois plus tard, le 25 juillet 1942, en mission avec Iturria. Les parachutistes SAS de la France Libre effectuent ainsi de nombreux coups de main contre les aérodromes ennemis en Libye, en Crête et en Tunisie. Ils détruiront plus de 400 avions allemands ou italiens. Nommé sergent le 1er septembre 1942, il est décoré de la military medal (médaille militaire anglaise) pour souligner son engagement remarquable. En janvier 1943, toujours sur la brèche, Iturria part du Caire dans la patrouille du sous-lieutenant Legrand pour une longue expédition dans le sud tunisien. C’est encore un long raid de 3 000 km en jeep depuis la base d’Egypte. Ils reçoivent l’ordre de détruire les rares communications amenant le ravitaillement aux unités de Rommel. L’opération réussit et déstabilise totalement le dispositif ennemi. En février 1943, le sergent Iturria rejoint l’Algérie où le général Giraud le décore de la médaille militaire. Les survivants de l’unité se retrouvent en Grande-Bretagne et forment avec le flot toujours plus nombreux des évadés de France le 4e bataillon d’infanterie de l’air (BIA) sous les ordres du commandant Bourgoin. Nommé sergent-chef le 16 juin 1943, il se prépare activement avec ses hommes dans la perspective du débarquement en France. Le 4e BIA change d’appellation et devient en juillet 1944, le 2e régiment de chasseurs parachutistes de l’armée de l’air (RCP). Le sergent-chef Iturria est parachuté en France au-dessus de la Bretagne le 4 août 1944 où il est engagé sur tous les fronts avec son unité. Dans la matinée du 25 août 1944 près de Blain, il est mortellement atteint au volant de sa jeep par les tirs d’une mitrailleuse. Son corps sera attaché et sauvagement traîné par les allemands derrière son propre véhicule. Avant de quitter la région, il voulait arrêter une femme qui donnait aux allemands les positions des unités alliées. Ainsi disparut le brillant « baroudeur » commando parachutiste à l’aube de la libération de sa chère patrie. Fervent patriote, il est mort en voulant lutter contre la trahison qu’il ne supportait pas. Chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur, compagnon de la Libération et officier de la médaille de la Résistance à titre posthume, deux fois cité, médaillé militaire, le sergent-chef Victor Iturria était animé des plus nobles vertus militaires à l’instar d’un chevalier légendaire. Il mérite pleinement par l’entretien glorieux de sa mémoire d’être mis en exemple pour nos jeunes élèves sous-officiers de la 300e promotion. »

Cavi2therine MARCHAND a écrit un livre passionnant sur la carrière de  ce parachutiste basque. Il est édité aux Editions Kilika  :« Victor Iturria, un héros basque »